Écologie

  • Avec cet article de Pauline Barraud de Lagerie, la revue inaugure un nouveau format : des textes courts visant à produire un éclairage sur un évènement d'actualité. La focale est ici volontairement élargie. Il s'agit de saisir dans l'actualité ce qui, sans renvoyer nécessairement et directement à la dynamique propre et distinctive des communs, a trait à des logiques de destruction et/ou de préservation des biens communs. Ici, Pauline Barraud de Lagerie porte un éclairage sur l'affaire en cours dite « Total Climat ». Elle concerne les engagements de la Société Total en matière de lutte contre le réchauffement climatique.  Elle débute en 2018 lors de la publication du premier plan de vigilance de Total, et la dénonciation qui s'en suit, par un groupe d'ONG et de collectivités, de ses insuffisances en matière d'atteinte grave au climat directement induites par les activités de la multinationale pétrolière. L'article de Pauline Pauline Barraud de Lagerie s'articule autour des deux jours …

  • Espace commun, patrimonialisation et droits d’usage

    Dans cet article au ton personnel, Dominique Cunchinambe revient avec précision et colère sur la manière dont les habitants de l'estuaire de la Bidassoa au Pays basque se sentent privés de leur commun par les institutions. Il décrit le passage d'un système éco-culturel produit et gouverné localement à un territoire organisé par des normes imposées de l'extérieur.

  • Recension de : Pablo Domínguez, Didier Genin et Monserrat Ventura (ed.) - Comunales - El caso de los pastores trashumantes de las sierras de Andalucía nororiental, Bellaterra Edicions, 2025

    Rocío Trujillo Sosa, docteure en droit public de l'Université de Paris Panthéon-Assas et avocate en Colombie nous livre une recension de l'ouvrage Comunales - El caso de los pastores trashumantes de las sierras de Andalucía nororiental. C'est depuis les montagnes du Nord-Est de l'Andalousie, et les pratiques pastorales qui s'y déploient depuis des siècles que l'ouvrage éclaire la gestion collective des pâturages, et témoigne de la double dimension, culturelle et naturelle, qui caractérise les communs pastoraux. Le regard historique permet de prendre la mesure de la résilience de ces formes de gestion collective, et des rôles qu'elles peuvent jouer dans les transitions à venir, malgré les risques et pressions actuelles qui modifient la relation des bergers entre eux comme avec leur milieu.

  • Recension de : Sarah Vanuxem — Du droit de déambuler, Éditions Wildproject, 2024

    Thomas Perroud nous offre une lecture de l'ouvrage de Sarah Vanuxem inspirée de la pop-philosophie de Gille Deleuze invitant chaque citoyen·ne à se saisir de ce droit fondamental que constitue la liberté de circulation. Retrouver le droit de circuler librement  nécessite de s'attaquer au droit de propriété exclusif et absolu. Et si la vision nomade du rapport à la terre était la voie pour fonder un droit de déambuler des humains et des animaux dans le contexte actuel de crises écologique et sociale ?  Pour y réfléchir et expérimenter en commun cette vision nomade, nous pourrions, à l'instar des collectifs d'artistes-marcheurs, faire de la marche un acte politique essentiel.  

  • Comment des communautés locales ont reconquis leur patrimoine et leur avenir.

    Qui décide de ce qui fait patrimoine, et pour qui ? À l'encontre de la conception dominante selon laquelle les ressources patrimoniales doivent être exclusivement gérées par des experts professionnels et des autorités dédiées, l'article rend compte de l'expérience de communautés locales qui ont mobilisé les principes de la Convention européenne de Faro pour créer leur propre patrimoine. Au travers de l'analyse transversale de trois cas, en France, en Italie et en Roumanie, l'article identifie des conditions favorables à l'émergence de communautés patrimoniales - en termes d'articulation avec les cadres et acteurs institutionnels locaux, nationaux et internationaux, de soutenabilité économique et de démocratie directe - qui ont permis la transformation remarquée de lieux abandonnés, indésirables et invisibles, et la régénération des communautés d'habitants.

  • Les savoirs empiriques issus de la restructuration des exploitations agricoles (2/2)

    Dans ce deuxième volet de son diptyque, Tanguy Martin montre comment il est possible de reconvertir des exploitations industrielles en fermes agroécologiques. Dans un contexte où les réglementations environnementales reculent et alors que la multiplication des alertes sanitaires rend la nocivité du modèle agricole dominant plus patente que jamais, ces initiatives revêtent une grande importance.

    L'image est une reproduction du tableau "Au temps d'harmonie" du peintre français Paul Signac.
  • Comment le trou noir du capitalisme capture et emprisonne notre système alimentaire (1/2)

    L'agronome Tanguy Martin montre dans cet article comment notre système alimentaire dépend d'une technostructure : le complexe agro-alimentaire industriel construit par des années de néolibéralisme agricole. Tout en soulignant les difficultés considérables d'une transition vers des formes écologiques et paysannes, il invite à démanteler les exploitations agricoles industrialisées et à porter d'autres récits du monde agricole, autour des communs.

    Photo aérienne d'une grande exploitation agricole
  • Dans cette recension du dernier ouvrage de Michel Aglietta et Étienne Espagne, Laurent Baronian met en évidence la nouveauté et l'importance des thèses défendues. Il insiste notamment sur la signification du passage de la notion, classique dans la théorie de la régulation, de "régime d'accumulation" (centrée sur la relation capital/travail) à celle de "régime de viabilité" (centrée sur la contradiction capital/terre). Il déploie les implications de ce changement et souligne certaines de ses limites, notamment pour ce qui est du rôle accordé par les auteurs aux "régimes monétaires" qui accompagnent ces mutations.

  • Critique de la notion de commun négatif

    Avec l'accélération des catastrophes liées au dérèglement climatique, on assiste à un regain des thèses effondristes qui touche désormais, avec la mise en avant du thème des "communs négatifs", la réflexion sur les communs. Benjamin Coriat montre que cette notion - qui traite en fait de "non communs" - n'a aucune consistance véritable. Il critique ses implications politiques, qui consistent à s'organiser pour "survivre parmi les ruines". A l'opposé de cette perspective, l'article explique comment il est possible de prendre soin du monde et de faire face à la "tragédie des non communs".

    La mer, là où les dechets issus de l'extractivisme sont les moins visibles et pourtant si présents
  • Grâce au travail de traduction d'Antoine Constantin Caille, nous publions en français quatre textes du "poète-paysan" John Clare (1793-1864). Comme le souligne Sarah Vanuxem dans sa présentation, ces poèmes conduisent à envisager les communs fonciers traditionnels comme des milieux peuplés d'humains et de non-humains. S'y exprime avec force ce qu'on appelle désormais solastalgie, soit la détresse causée par la destruction des écosystèmes sous l'effet de l'industrialisation et de la privatisation.

  • Éditorial - Les communs sont porteurs d'un nouveau récit et d'une nouvelle manière d'habiter le monde, en rupture avec le productivisme et l'extractivisme. A l'heure où ils font l'objet de multiples récupérations et instrumentalisations, nous pensons que leur avenir en tant que concept est en jeu. C'est pourquoi nous lançons la revue EnCommuns en précisant le sens et les contours de notre projet, en lien avec une analyse de la conjoncture présente.